lundi 30 mars 2026 à 19h30


Rencontre du cycle « Sommitées » autour des femmes qui ont marqué la pensée contemporaine, avec Jeanne Favret-Saada, anthropologue et psychanalyste.


Cette rencontre s’inscrit dans le cycle de rencontres « Sommitées », à la découverte de femmes, véritables figures de la pensée contemporaine.


Jeanne Favret-Saada

Portrait de Jeanne Favret-Saada

Née en 1934 dans une famille juive de Tunisie, Jeanne Favret-Saada est une anthropologue française formée à la philosophie, qui devient célèbre pour son enquête sur la sorcellerie paysanne dans le bocage normand dans les années 1970.

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Couverture de L’impossible famille Rivière
  • Gallimard
  • 2026
  • 368 pages
  • 9782073122032
  • 23 €

L’impossible famille Rivière | Jeanne Favret-Saada

Le 3 juin 1835, un jeune paysan normand, Pierre Rivière, égorge sa mère, sa soeur et son frère avant de s’enfuir. Arrêté le mois suivant, il rédige, dans l’attente de son jugement, un Mémoire d’une cinquantaine de feuillets pour expliquer son geste. Condamné à mort, puis gracié, c’est-à-dire emprisonné à vie, il se suicide dans sa cellule en 1840. De cette affaire, il nous reste ce Mémoire très détaillé, redécouvert au début des années soixante-dix par Michel Foucault qui, entouré d’une petite équipe, en produisit l’édition. Jeanne Favret-Saada avait participé à cette entreprise éditoriale, qui se refusait à toute interprétation savante pour laisser la pleine page au jeune homme. Dans le présent ouvrage, l’anthropologue revient sur ce qui s’est joué en 1835 – des élites donnant la parole à un « subalterne » que son acte jugeait d’avance –, mais en s’attachant au fond de l’affaire : quelle suite d’événements a conduit Pierre Rivière à ce triple meurtre ? Contre l’interprétation qui réduit ce Mémoire à un discours psychotique, elle propose qu’on le soumette à une enquête qui conjoigne l’ethnologie et l’histoire. Elle examine ainsi les vingt-deux ans d’une vie familiale impossible, Victoire Rivière ayant refusé d’emblée la plupart des devoirs de l’épouse. Le mariage était alors régi par le Code civil napoléonien, pleinement confirmé par la coutume locale en matière de domination masculine. L’analyse serrée des péripéties rapportées par l’assassin montre alors les raisons de son geste meurtrier.

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