vendredi 27 mars 2026 à 19h30


Marion Gronier et Emmanuel Venet présentent leurs ouvrages qui se répondent : le livre de photographies Quelque chose comme une araignée, et Retour chez les fous.


Marion Gronier

Photographe autodidacte de formation littéraire, Marion Gronier se consacre à des projets personnels dans lesquels elle creuse le portrait pour en extraire sa puissance d’agir dans des face-à-face sans échappatoire.

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Emmanuel Venet

Emmanuel Venet est écrivain et psychiatre.

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Couverture de Quelque chose comme une araignée
  • Le bec en l'air
  • 2025
  • 80 pages
  • 978-2-36744-201-3
  • 40 €

Quelque chose comme une araignée | Marion Gronier

Quelque chose comme une araignée est une tentative de penser en images les impensés que nous projetons sur les corps dits fous. L’institution psychiatrique est encore un lieu à part, stigmatisé et stigmatisant. De l’extérieur, elle cristallise des peurs inarticulées ; à l’intérieur, s’y manifestent de façon exacerbée les dysfonctionnements et les névroses de notre société. Prises entre ces filets, les personnes qui souffrent de troubles psychiques sont soumises à des traitements aberrants produits par le système institutionnel et à des regards violents, chargés de fantasmes, les nôtres.

Ce livre est né d’une série d’images réalisées en France et au Sénégal entre 2022 et 2024 par Marion Gronier, habituée de longues immersions dans les milieux qu’elle photographie. En scrutant les comportements somatiques des personnes qui séjournent dans ces institutions, la photographe cherche à déconstruire le regard que nous portons sur elles, à mettre au jour les processus d’aliénation et de stigmatisation à l’œuvre dans nos sociétés.

Avec cette série, Marion Gronier est lauréate du Prix Photo Sociale 2025.

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Couverture de Retour chez les fous
  • Éditions Verdier
  • 2025
  • 192 pages
  • 9782378562601
  • 8.50 €

Retour chez les fous | Emmanuel Venet

En 1925, Albert Londres réunissait une série d’articles décrivant le quotidien des asiles psychiatriques.

Cent ans plus tard, le paysage a bien changé. Des progrès considérables ont été accomplis et ont permis à la psychiatrie de devenir une discipline authentiquement thérapeutique. Hélas, après une période faste allant des années cinquante à la fin du xxe siècle, la psychiatrie publique aujourd’hui désargentée et sursollicitée se replie sur une logique sécuritaire et une désolante vision biomédicale des troubles mentaux. Face à elle, les établissements privés prospèrent, mais la logique financière y concurrence la mission sanitaire d’une façon préoccupante.

Ce dispositif laisse à l’abandon de nombreux malades, pas assez solvables pour être soignés en clinique privée, pas assez dangereux pour relever de l’hôpital public.

Un tel scandale n’a pourtant rien d’inéluctable.

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